Chez les Pères de l’Eglise

« La construction de cette arche préfigure à l’évidence l’Eglise. Noé était sans aucun doute la « figure » du Christ [...] L’arche construite avec un bois imputrescible désignait l’édifice de la sainte Eglise, elle qui demeura toujours avec le Christ [...]

La colombe [...] est l’image de l’Esprit-Saint [...] L’Ecriture ajoute : « Noé lâcha de nouveau la colombe hors de l’arche. La colombe revint vers lui sur le soir et voici qu’elle avait dans le bec un rameau d’olivier » (Gn 8,10). Le rameau d’olivier était clairement un témoignage de paix et de résurrection ; et ce bois que la colombe portait dans son bec, une prédiction du bois de la passion d’où coulerait la plénitude de la grâce.

-          La longueur de l’arche de 300 coudées est manifestement la figure de la croix du Seigneur : le nombre 300 désigne en effet la lettre « Tau » de l’alphabet grec, lettre dont la forme, celle d’un arbre dressé[...] a l’aspect d’une croix [...]

-          Les 50 coudées de largeur signifiaient qu’à la Pentecôte, c’est-à-dire le cinquantième jour après la Passion et la Croix du Seigneur, le Saint-Esprit devait descendre, Lui qui nous fait accéder à l’espérance du salut et nous obtient la gloire du Royaume des cieux.

-          Les 30 coudées de haut préfiguraient l’âge du Seigneur au moment où il fut baptisé dans le Jourdain [...]

Vous voyez donc que toute la construction de cette arche était sous forme de mystère une prophétie de l’Eglise. »

Grégoire d’Elvire PLS 516-518, Thèmes et figures bibliques, p.71-78

 

L’arche, en bois, figure la croix, planche de salut de l’humanité. Toujours par le bois vient la vie. Du temps de Noé, en effet, les vies furent sauvées par une arche de bois.

Cyrille de Jérusalem, Catéchèse 13,20.

 

Ô barque paradoxale du salut, esquisse du bois de la croix, tu montres à ceux qui voyagent sur la mer combien la croix est nécessaire »

Basile de Séleucie Discours 6.

 

« Noé est la figure du Christ, le constructeur de la grande Arche de Dieu qu'est l’Eglise »

St Epiphane, Bouchet p.186

 

« Le nombre de 40 a une valeur symbolique liée au mystère de notre salut. Pendant 40 jours la pluie tomba pour purifier le monde et maintenant c’est aussi pendant les 40 jours du Carême que la miséricorde est offerte aux hommes pour qu’ils se purifient.

Le déluge, d’ailleurs, ne pourrait-il être appelé lui aussi, une miséricorde de Dieu ? Grâce à lui, le mal fut anéanti et la justice sauvegardée ; le juste échappa et les péchés des méchants eurent un terme ; la face de la terre se trouva renouvelée par les eaux comme par un baptême [...]. Oui le déluge est la figure du baptême. Ce qui se produisit alors s’accomplit encore aujourd’hui : quand les vices furent détruits par les sources des eaux jaillissantes, la justice régna souveraine ; quand les péchés disparurent, noyés au fond de l’abîme, la sainteté put s’élever tout près du ciel : voilà ce qui se réalise maintenant aussi dans l’Eglise du Christ [...]. Portée par l’eau du baptême, elle s’élève près du ciel ; les superstitions et les idoles sont englouties, et sur terre se répand la foi, jaillie de l’arche du Sauveur [...] ».

Maxime de Turin
Sermon pour le Carême n° 2-4 Lire la Bible avec les Pères t I p.39

 

« Aujourd’hui le déluge et l’arche illustrent pour nous la vie neuve du baptême et le salut qui vient du bois. »

Sermon de saint Léon sur la Passion, Sources Chrétiennes n°74

 

Vint le rameau d’olivier avec le type de l’onction. Les habitants de l’arche jubilèrent en le voyant, car il apportait la bonne nouvelle du salut. Vous aussi, jubilez en voyant cette huile sainte ; que se réjouisse le corps chargé de fautes, car il apporte la bonne nouvelle du pardon

Ephrem, Hymnes sur l’Epiphanie 3,8

 

La colombe du Saint-Esprit vole vers Noé, comme plus tard vers le Christ au Jourdain, et avec le rameau de la régénération et de la lumière, elle annonce la paix au monde.

Jérôme Epître 69,6

 « Dès les commencements du monde,

c’est ton Esprit qui planait sur les eaux,

pour qu’elles reçoivent en germe

la force de sanctifier.

 

Par les flots du déluge,

tu annonçais le baptême qui fait renaître,

puisque l’eau y préfigurait à la fois

la fin de tout péché et le début de toute justice.

Prière de Bénédiction de l’eau au cours de la veillée pascale